appel

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appel

appel [ ap…õl ] n. m.
‚ÄĘ XIe; de appeler
1 ‚ô¶ Action d'appeler de la voix pour faire venir √† soi. Crions plus fort, ils n'ont pas entendu notre appel. ‚áí cri, interjection. Appel √† l'aide, au secours. Entendre un appel. R√©pondre, accourir √† un appel. Par ext. Appel au moyen d'un instrument (cloche, corne d'appel, sifflet, sonnette, trompe).‚ÄĒ Appel t√©l√©phonique : fait d'appeler qqn, d'√™tre appel√© au t√©l√©phone (‚áí communication) . Num√©ro d'appel. J'ai re√ßu trois appels dans la matin√©e. ‚ÄĒ Appel radio. ‚ÄĒ Inform. Appel d'un sous-programme : suspension d'un programme en cours et branchement √† un sous-programme.
2 ‚ô¶ Action d'appeler l'attention sur soi par un signe. ‚áí signe. Appel du regard. ‚áí Ňďillade. ‚ÄĒ Loc. Appel du pied : invite. ‚ÄĒ Appel de phares.
‚ôĘ (1990) Comm. Produit d'appel, vendu avec une faible marge b√©n√©ficiaire et destin√© √† attirer la client√®le. Prix d'appel, pratiqu√© sur ce type de produit.
3 ‚ô¶ Action d'appeler par un signal des hommes √† s'assembler, √† se rassembler. ¬ę le muezzin est mont√© chanter l'appel √† la pri√®re ¬Ľ (A. Gide). ‚ÄĒ Sp√©cialt Signal donn√© par le clairon ou le tambour (sonnerie, batterie) pour assembler les soldats. Battre, sonner l'appel.
4 ‚ô¶ (1690) Action d'appeler √† haute voix des personnes par leur nom afin de s'assurer de leur pr√©sence. Faire l'appel. √ätre pr√©sent, r√©pondre √† l'appel. √ätre absent, manquer √† l'appel. Appel et contre-appel (des soldats). Vote par appel nominal (des membres d'une assembl√©e).‚ÄĒ Dr. Appel des causes √† l'audience : √©num√©ration, par l'huissier charg√© du service de l'audience, des causes qui seront plaid√©es.
5 ‚ô¶ (1835) Convocation, demande, invitation. ‚ÄĒ Action d'appeler sous les drapeaux. Proc√©der √† l'appel du contingent, de la classe. ‚áí recensement, recrutement, r√©vision; incorporation. Devancer l'appel : s'engager dans l'arm√©e avant l'√Ęge l√©gal de l'appel (18 ans). Appel aux armes. ‚áí mobilisation; lev√©e (en masse). ‚ÄĒ Fin. APPEL DE FONDS. Faire un appel de fonds : demander un nouveau versement de fonds √† des actionnaires, des associ√©s, des souscripteurs. Dr. admin. APPEL D'OFFRES : mode de conclusion de march√©s publics par lequel l'Administration met publiquement les candidats en concurrence.
‚ôĘ Discours ou √©crit dans lequel on s'adresse au public pour l'exhorter. ‚áí exhortation, proclamation. Appel √† l'insurrection, √† la r√©volte, √† la d√©sob√©issance. ‚áí excitation, invitation. Fig. Appel au peuple : demande d'argent. ‚ÄĒ L'appel du g√©n√©ral de Gaulle (18 juin 1940).
‚ôĘ FAIRE APPEL : demander, requ√©rir comme une aide. Faire appel √† qqn, √† la g√©n√©rosit√© de qqn. ‚áí demande, recours, sollicitation. ‚ÄĒ Faire appel √† ses souvenirs : faire des efforts pour se rappeler qqch. ‚áí √©vocation, rappel. ¬ę elle faisait appel √† sa dignit√© pour conserver son sang-froid ¬Ľ (Martin du Gard).
6 ‚ô¶ Fig. (Choses) L'appel du plaisir, l'appel des sens. ‚áí impulsion, incitation, invitation, sollicitation. L'appel du large : le d√©sir de partir en mer. ‚ÄĒ L'appel de la religion. ‚áí aspiration, vocation. L'appel de la conscience. ‚áí cri, voix.
7 ‚ô¶ (XIIIe apel, apiau) Dr. Recours √† une juridiction sup√©rieure en vue d'obtenir la r√©formation d'un jugement. Faire appel d'un jugement de premi√®re instance, interjeter appel, se pourvoir en appel. ‚áí pourvoi. Acte d'appel. ‚áí intimation. Fol appel : appel d√©clar√© irrecevable ou mal fond√© et qui vaut √† l'appelant une amende (amende de fol appel). Appel √† maxima, √† minima; appel principal, incident. Cour d'appel. ‚ÄĒ Juger SANS APPEL, en premier et en dernier ressort. Une d√©cision sans appel, sans possibilit√© de recours. Fig. Sans appel : irr√©m√©diablement. ¬ę le monde [...] est vou√© sans appel √† la platitude, √† la m√©diocrit√© ¬Ľ (Renan).
8 ‚ô¶ Fig. Techn. Le navire vient √† l'appel de son ancre, il tourne de mani√®re √† se placer dans la direction de la cha√ģne. ‚ÄĒ Appel d'air : tirage qui facilite la combustion dans un foyer.
9 ♦ (1901) Sport Départ du saut proprement dit, après la course d'élan, dans lequel le pied, frappant une dernière fois le sol, donne l'impulsion nécessaire au sauteur. Pied, jambe d'appel. Planche d'appel, sur laquelle s'appuie le pied du sauteur avant le saut.

‚óŹ appel nom masculin Invitation √† venir, adress√©e par la voix ou par tout autre moyen : R√©pondre √† l'appel de quelqu'un. Action d'inviter quelqu'un, un groupe √† une action : Un appel √† la r√©volte. Action de recourir √† un groupe, √† son action, √† son influence : Un appel √† l'intervention √©trang√®re. Action, pouvoir de ce qui attire, exerce un attrait sur quelqu'un : L'appel du large, de la for√™t. Action par laquelle on v√©rifie, en appelant successivement leurs noms, la pr√©sence de certaines personnes en un lieu : √ätre pr√©sent au moment de l'appel. Action d'appeler quelqu'un au t√©l√©phone. Droit Voie de recours, qui a pour but de faire annuler ou infirmer par une juridiction sup√©rieure un jugement d√©j√† rendu en premier ressort. Informatique Terme indiquant l'ordre de rupture de l'ex√©cution s√©quentielle des instructions d'un programme pour se brancher vers une autre s√©quence d'instructions consid√©r√©e comme un sous-ensemble autonome : autre programme, sous-programme, proc√©dure ou fonction. Jeux Aux cartes, d√©fausse conventionnelle signalant √† un partenaire la couleur que l'on d√©sire voir jouer. Militaire Ensemble des op√©rations annuelles de s√©lection et de recensement des jeunes gens, au terme desquelles ceux qui sont d√©clar√©s aptes au service national re√ßoivent un ordre d'appel. Batterie de tambour ou sonnerie de clairon prescrivant ce rassemblement. Presse Annonce en premi√®re page d'un article publi√© √† l'int√©rieur du journal. Sports et Chor√©graphie Action par laquelle un sauteur ou un danseur prend appui sur une jambe (jambe d'appel) en vue de d√©clencher un saut en hauteur ou en longueur. ‚óŹ appel (citations) nom masculin Bible Des profondeurs je crie vers toi, Yahv√© : Seigneur, √©coute mon appel ! Ancien Testament, Psaumes CXXX, 1 Commentaire Citation emprunt√©e √† la ¬ę Bible de J√©rusalem ¬Ľ. Bible Car les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance. Saint Paul, √Čp√ģtre aux Romains, XI, 29 ‚óŹ appel (difficult√©s) nom masculin Orthographe Avec deux p. ‚óŹ appel (expressions) nom masculin Appel d'air, cr√©ation volontaire ou accidentelle d'un courant d'air. Familier. Appel au peuple, demande d'argent. Appel de phares, action d'alterner rapidement deux feux d'automobile pour attirer l'attention. Familier. Appel du pied, avance discr√®te faite √† quelqu'un. Faire appel √† quelqu'un, √† quelque chose, solliciter quelqu'un, recourir √† quelque chose. Sans appel, d√©finitif ou d√©finitivement. Appel de fonds, demande de nouveaux fonds √† des actionnaires, √† des associ√©s, √† des souscripteurs. Prix d'appel, proc√©d√© qui consiste, pour un distributeur, √† attirer la client√®le en lan√ßant une campagne publicitaire pour un produit d√©termin√© sur lequel est pr√©lev√©e une tr√®s faible marge, la rentabilit√© de l'op√©ration √©tant attendue d'un report des achats sur d'autres articles. Produit d'appel, produit dot√© d'un prix d'appel. Acte d'appel, acte par lequel la cour d'appel est saisie. Appel en cause, mise en cause, au cours d'un proc√®s, d'une tierce personne, afin que le jugement ait autorit√© de la chose jug√©e √† son √©gard. Appel des causes, en d√©but d'audience, √©num√©ration des affaires qui seront soumises au tribunal le jour m√™me de l'audience. Appel en garantie, action d'une partie √† un proc√®s, qui se retourne contre un tiers pour que ce dernier soit condamn√© √† supporter √† sa place les √©ventuelles sanctions prononc√©es contre elle. Appel incident, appel form√© en r√©ponse √† un appel principal ou partiel. Appel nominal, proc√©dure de vote couramment utilis√©e dans les assembl√©es, chacun votant √† l'appel de son nom. Appel d'offres, mode de passation des march√©s publics dans lequel l'Administration conserve le choix de son cocontractant apr√®s avoir mis publiquement en concurrence les candidats. Appel partiel, appel qui ne porte que sur certains points du jugement. Appel principal, appel form√© par la partie qui saisit en premier la juridiction sup√©rieure. Appel de note, signe plac√© dans le texte pour indiquer qu'une note se trouve √† un endroit d√©termin√© de l'ouvrage. Appel r√©cursif, appel d'un sous-programme qui peut se rappeler lui-m√™me au cours de son ex√©cution. Appel d'un cordage ou d'une cha√ģne, direction suivant laquelle ce cordage ou cette cha√ģne transmet l'effort qu'on lui applique. Ordre d'appel, document indiquant au jeune appel√© la formation qu'il doit rejoindre et lui pr√©cisant le jour et l'heure auxquels il doit s'y pr√©senter. Appel au peuple, pratique qui consiste √† invoquer et √† rechercher directement l'adh√©sion du peuple pour justifier un pouvoir autocratique. Appel de porte, annonce publicitaire plac√©e sur les portes (ou vitres) des magasins, des caf√©s. (L'affiche est le plus souvent plac√©e dans un cadre.) Appel d'air, dispositif cr√©ant une d√©pression dans un foyer, au moment de l'allumage, afin de faciliter l'entr√©e de l'air n√©cessaire √† la combustion, avant l'√©tablissement du tirage normal. ‚óŹ appel (homonymes) nom masculin appelle forme conjugu√©e du verbe appeler appellent forme conjugu√©e du verbe appeler appelles forme conjugu√©e du verbe appeler ‚óŹ appel (synonymes) nom masculin Invitation √† venir, adress√©e par la voix ou par tout...
Synonymes :
Action d'inviter quelqu'un, un groupe à une action
Synonymes :
Action, pouvoir de ce qui attire, exerce un attrait sur...
Synonymes :
Militaire. Ensemble des opérations annuelles de sélection et de recensement des...
Synonymes :

appel
n. m.
d1./d Action d'appeler par la voix, par un geste. J'ai entendu votre appel.
d2./d Action d'appeler nommément quelqu'un pour s'assurer de sa présence. Répondre à l'appel. Faire l'appel des écoliers.
d3./d Action d'appeler au moyen d'un signal des hommes à s'assembler. Battre, sonner l'appel.
d4./d Action de convoquer des militaires. Appel des réservistes, du contingent.
d5./d Appel à: invitation, incitation à. Appel à la révolte. Appel à l'épargne publique.
|| COMM Produit d'appel, destiné à attirer la clientèle par son prix avantageux.
d6./d Action de réclamer, d'invoquer.
|| FIN Appel de fonds: demande de nouveaux fonds aux actionnaires, aux copropriétaires, etc.
|| ADMIN Appel d'offres: procédure administrative mettant en concurrence divers fournisseurs avant conclusion d'un marché public.
|| DR Voie de recours ordinaire par laquelle une partie qui n'a pas obtenu satisfaction devant le juge au premier degré soumet le jugement à une juridiction au second degré, pour en obtenir la réformation. Faire appel d'un jugement. Cour d'appel: V. encycl. cour.
d7./d TECH Appel d'air: courant d'air qui facilite la combustion d'un foyer.
d8./d SPORT Prendre son appel: prendre son élan en appuyant sur le sol le pied qui va assurer la projection du corps.

‚áíAPPEL, subst. masc.
A.‚ÄĒ Action de dire (√† haute voix) le nom de quelqu'un ou de quelque chose (cf. appeler I A). R√©pondre √† l'appel, manquer √† l'appel.
1. Action de prononcer à haute voix le nom des personnes qui doivent se trouver en un lieu afin de vérifier leur présence :
‚ÄĘ 1. ... le pr√©sident a dit qu'il allait faire proc√©der √† l'appel des t√©moins. L'huissier a lu des noms qui ont attir√© mon attention. Du sein de ce public tout √† l'heure informe, j'ai vu se lever un √† un, pour dispara√ģtre ensuite par une porte lat√©rale, le directeur et le concierge de l'asile, le vieux Thomas P√©rez, Raymond, Masson, Salamano, Marie. (...). Je m'√©tonnais encore de ne pas les avoir aper√ßus plus t√īt, lorsque √† l'appel de son nom, le dernier, C√©leste s'est lev√©.
CAMUS, L'√Čtranger, 1942, p. 1185.
‚ÄĒ Rassemblement de militaires au cours duquel a lieu cet appel¬†:
‚ÄĘ 2. ... vers la gauche, du c√īt√© de la deuxi√®me brigade, un clairon sonna l'appel. Plus pr√®s, un autre r√©pondit. Puis, ce fut un troisi√®me, tr√®s loin. De proche en proche, tous sonnaient √† la fois, lorsque Gaude, le clairon de la compagnie, se d√©cida, √† toute vol√©e des notes sonores.
ZOLA, La D√©b√Ęcle, 1892, p. 8.
2. PRATIQUE, rare. [En parlant de choses] Action d'appeler des dénominations pour vérifier la présence des objets correspondants :
‚ÄĘ 3. ... ses l√®vres seules avaient un frisson de fi√®vre, dans son visage gai et victorieux des jours d'inventaire. (...). Elle [Denise] s'√©tait de nouveau pench√©e sur ses feuilles, simplement. (...) elle √©crivait d'une main machinale, au milieu de l'appel r√©gulier des articles, ...
ZOLA, Au Bonheur des dames, 1883, p. 657.
3. INSTIT. POL. Appel nominal. Action d'appeler successivement à haute voix chacun des membres d'une assemblée afin qu'il exprime son vote :
‚ÄĘ 4. Celui qui l'a √©mis a donc eu r√©ellement, dans ce moment et pour cette circonstance, le vouloir et le faire. Il a donc √©t√© le pouvoir du jour et du moment, et que le vote ait √©t√© public ou secret, qu'on ait vot√© par appel nominal ou par assis et lev√©, il a prononc√© entre les votans, comme le roi en son conseil.
BONALD, Essai analytique sur les lois naturelles de l'ordre soc., 1800, p. 76.
‚ÄĒ DR. (proc√©dure). Appel des causes. Action d'appeler les causes afin qu'elles soient plaid√©es¬†:
‚ÄĘ 5. Apr√®s l'appel des causes, l'avou√© de Birotteau fit la demande en quelques mots. Sur un geste du Premier Pr√©sident, le procureur g√©n√©ral, invit√© √† donner ses conclusions, se leva.
BALZAC, César Birotteau, 1837, p. 406.
4. Loc. Manquer à l'appel.
a) Ne pas répondre à l'appel de son nom, être absent :
‚ÄĘ 6. ... ces messieurs les jur√©s repr√©sentent la soci√©t√© et sont bien d√©cid√©s √† la d√©fendre. L'un des jur√©s manque √† l'appel. On n'a re√ßu de lui aucune lettre d'excuses; rien ne motive son absence.
GIDE, Souvenirs de la Cour d'assises, 1913, p. 620.
‚ÄĒ P. m√©taph.¬†:
‚ÄĘ 7. D√®s mon arriv√©e, leur biblioth√®que avait √©t√© mise √† ma disposition. J'y pouvais puiser sans contr√īle. Elle √©tait compos√©e d'un fonds classique, mais abondait surtout en Ňďuvres modernes. De Chateaubriand √† Paul Bourget, √† Anatole France, je crois qu'aucun √©crivain du XIXe si√®cle ne manquait √† l'appel.
R. MARTIN DU GARD, Souvenirs autobiographiques et littér., 1955, p. XLV.
b) Par euphémisme
‚ÄĒ [En parlant de pers.] √ätre mort¬†:
‚ÄĘ 8. Songez donc, cher ami, au plaisir que vous ferez √† vos vieux amis; il en manque quelques-uns √† l'appel, mais c'est quand les rangs s'√©claircissent qu'il faut les resserrer.
Mme DE CHATEAUBRIAND, Mémoires et lettres, 1847, p. 268.
‚ÄĒ [En parlant d'obj.] √ätre √©gar√©, ne pas √™tre retrouv√©¬†:
‚ÄĘ 9. ... elle visitait les plus petits coins de ses v√™tements, elle trouvait g√©n√©ralement la pi√®ce qui manquait √† l'appel dans la visi√®re de la casquette, cousue entre le cuir et l'√©toffe.
ZOLA, L'Assommoir, 1877, p. 684.
B.‚ÄĒ Action de faire venir ou d'attirer en un lieu (cf. appeler I B).
1. Action de faire venir à soi qqn en attirant son attention avec la voix, par un signe, par des gestes, etc.
a) [L'appel provient d'un être animé]
‚ÄĒ [Il s'adresse √† une pers. ou √† un animal pour la/ le faire venir]¬†:
‚ÄĘ 10. ... nous distingu√Ęmes un petit groupe qui faisait des gestes d'appel.
G. LEROUX, Le Parfum de la Dame en noir, 1908, p. 131.
‚ÄĘ 11. √Ä peine les a-t-il [un chasseur] fait poser [les palombes r√īdeuses], qu'il ¬ę coucour√®ge¬†¬Ľ, qu'il imite le roucoulement rauque de l'oiseau et il l'attire ainsi vers la captivit√© et vers la mort avec ce chant qui est un appel tendre et passionn√©.
MAURIAC, Mémoires intérieurs, 1959, p. 112.
‚ÄĒ En partic. Pour lui demander son aide¬†:
‚ÄĘ 12. Le premier jeune homme a disparu. Le second nageait toujours. De temps en temps, des voix lui criaient¬†: ¬ę Par ici! Plus haut! √Ä gauche! √Ä droite! L√†-bas, devant!¬†¬Ľ Alors il a donn√© des signes de fatigue et l'on a per√ßu ses appels¬†: ¬ę Au secours! Au secours!¬†¬Ľ
G. DUHAMEL, Journal de Salavin, 1927, p. 168.
‚ÄĘ 13. J'osais m√™me plus sortir de peur de le rencontrer. Fallait qu'on me demande des deux ou trois fois de suite pour que je me d√©cide √† r√©pondre √† l'appel des malades. Alors la plupart du temps quand j'arrivais on avait d√©j√† √©t√© en chercher un autre.
C√ČLINE, Mort √† cr√©dit, 1936, p. 336.
‚ÄĒ RELIG., par euph√©misme. L'appel de Dieu. Action pour Dieu de rappeler l'homme aupr√®s de lui. Synon. mort¬†:
‚ÄĘ 14. Toutes ces morts multipli√©es nous font penser √† la n√ītre, et √† pr√©parer notre √Ęme √† l'appel que Dieu lui peut faire au moment o√Ļ nous y pensons le moins. Qui sait si ce ne sera pas cette ann√©e?
E. DE GU√ČRIN, Lettres, 1846, p. 475.
Rem. L'appel peut avoir pour obj. ou pour suj. un animal. a) V√©n., √©quit. Appel de langue. Action d'appeler ou d'exciter un chien, un cheval par un claquement de langue (attest√© ds la plupart des dict. g√©n. du XIXe et du XXe s.). Loc. Ce chien n'a pas d'appel. Il n'ob√©it pas quand son ma√ģtre l'appelle (attest√© ds Lar. 19e, GU√ČRIN 1892, Nouv. Lar. ill.). b) D'un animal qui s'adresse √† un cong√©n√®re ou √† un homme¬†:
‚ÄĘ 15. J'entendais de ma fen√™tre l'appel de ses chiens courants.
LAMARTINE, Les Confidences, 1849, p. 345.
‚ÄĘ 16. Ce son doit √™tre toujours doux et modul√© pour ressembler au cri d'appel de la chevrette. Celle-ci appelle le m√Ęle par un cri ou m√™me par un b√™lement assez particulier qu'il est difficile de traduire. ¬ę Fiou-fiou¬†¬Ľ en serait peut-√™tre l'expression la plus approch√©e. Il est toutefois diff√©rent de l'appel que ces chevrettes r√©servent √† leurs petits, qui est un cri beaucoup plus doux et un peu chevrotant.
F. VIDRON, La Chasse en plaine et au bois, 1945, pp. 97-98.
b) [L'appel provient d'un inanimé : objet (cloche, clairon, téléphone, etc.) qui émet un signal] :
‚ÄĘ 17. ... elle avait vu la cour de la ferme pleine d'un flot de cavaliers, qui avaient dormi l√†, couch√©s p√™le-m√™le, envelopp√©s dans leurs manteaux. Ils √©taient si nombreux, qu'ils couvraient la terre. Puis, √† un brusque appel de clairon, tous s'√©taient dress√©s, silencieux, drap√©s √† longs plis, si serr√©s les uns contre les autres, qu'elle avait cru assister √† la r√©surrection d'un champ de bataille, sous l'√©clat des trompettes du jugement dernier.
ZOLA, La D√©b√Ęcle, 1892, p. 603.
‚ÄĒ Le signal lui-m√™me¬†:
‚ÄĘ 18. Or, tout √† coup, le 7 au petit jour, √† trois heures cinquante du matin, voici que Vaux r√©veill√© fait des appels. Les postes de signaleurs saisissent ces trois mots¬†: ¬ę Ne quittez pas.¬†¬Ľ ‚ÄĒ Ne quittez pas¬†: geste du mourant qui retient la main aim√©e. Et puis plus rien. Le fort de Vaux ne parlera plus.
BORDEAUX, Les Derniers jours du fort de Vaux, 1916, p. 270.
♦ MUS. Passage d'un morceau exécuté par les cors et qui a quelque ressemblance avec les appels de chasse :
‚ÄĘ 19. Les cors pour celle-ci [la fanfare restreinte] et la petite fanfare sont indiqu√©s, autant pour encourager le maintien de ces instruments si remarquables pour la douceur de leur timbre que par leur sup√©riorit√© dans les soli, les tenues, les appels de chasse et la transcription exacte de leurs effets dans les Ňďuvres de musique classique.
T. DUREAU, Instrumentation et orchestration..., 1905, p. 66.
‚ô¶ V√ČN. Appel (simple ou forc√©). ,,On sonne un appel ou des appels pour faire avancer un relais ou pour faire venir un ou plusieurs veneurs; il est forc√© quand il est sonn√© sur le gr√™le c'est-√†-dire sur le cinqui√®me ton. Il se sonne ainsi dans un cas urgent ou quand celui que l'on a appel√© n'a point r√©pondu.`` (BAUDR. Chasses 1834).
Rem. Attesté ds Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.
2. T√ČL√ČCOMM. Action d'inviter quelqu'un √† entrer en communication t√©l√©phonique avec l'appelant (cf. appeler I B 2). Lancer un appel t√©l√©phonique, r√©pondre √† un appel; avis, num√©ro, cadran d'appel.
‚ÄĒ P. anal., INFORMAT. Action d'inviter un ordinateur √† r√©pondre √† une demande d'information.
‚ô¶ ,,Extraction d'une information ou d'un programme se trouvant dans une m√©moire, dans un registre, etc.`` (√Člectron. 1959).
♦ ,,Technique consistant à interroger périodiquement chacun des terminaux qui se partagent une même ligne de communication pour savoir si la ligne peut être utilisée.`` (GUILH. 1969).
3. Action d'inviter quelqu'un à se rendre en un lieu déterminé (cf. appeler I B 3)
a) ADMIN. MILIT. Opération consistant à appeler ou à être appelé sous les drapeaux. Devancer l'appel; appel du contingent, des classes :
‚ÄĘ 20. On envisagea √©galement le syst√®me de l'√©chelonnement des appels de r√©servistes. Ce proc√©d√© aurait permis par la convocation annuelle, pendant un mois, de chacune des deux classes de compl√©ment, de maintenir nos effectifs √† un niveau plus √©lev√© et d'assurer un meilleur entra√ģnement √† nos r√©servistes; ...
JOFFRE, Mémoires, t. 1, 1931, p. 91.
b) DROIT
♦ Appel en cause. ,,Mise en cause d'une partie qui ne figure pas au procès pour que le jugement à intervenir ait l'autorité de la chose jugée à son égard, et ne puisse pas être attaqué par elle, par la suite, par la voie de la tierce opposition.`` (CAP. 1936).
‚ô¶ Appel en garantie. ,,Proc√©dure suivie contre une personne pour l'appeler dans une instance o√Ļ elle n'√©tait pas en cause afin d'obtenir d'√™tre relev√© et garanti par elle de la condamnation √† intervenir.`` (CAP. 1936).
c) Rare. Provocation en duel. Les appels sont défendus comme les duels (Ac. 1835-1932). Synon. cartel.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe s. ainsi que ds DG, ROB. et Lar. encyclop.
4. Action d'attirer vers un lieu ou vers une personne.
a) [En parlant de choses] :
‚ÄĘ 21. La troisi√®me sir√®ne retentissait, des coups longs, graves et, cette fois, purs, l'appel du large.
CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 47.
b) [En parlant de pers. ou des charmes d'une pers.] :
‚ÄĘ 22. Le second [th√®me] celui de la lutte entre la vocation religieuse et l'appel de la chair. Rien de plus banal, mais aussi rien de plus antique, et j'oserai presque dire, dans un certain sens rien de plus sacr√©, ...
CLAUDEL, Partage de midi, 1re version, 1906, p. 983.
‚ÄĒ Arg. ,,Essai de s√©duction.`` (A. BRUANT, Dict. fr.-arg., 1905, p. 403)¬†:
‚ÄĘ 23. Faire un appel (...)¬†: faire de l'Ňďil.
On fait un appel (...) par clignement d'Ňďil ou en gonflant la joue avec la pointe de la langue.
J. LACASSAGNE, L'Arg. du ¬ę milieu¬†¬Ľ, 1928, p. 7.
‚ÄĒ Fam. Faire un appel du pied. Geste (au propre et au fig.) pour attirer l'attention d'une personne sur soi.
c) Emplois techn.
‚ÄĒ [Attraction phys.]
‚ô¶ MAR. ,,Direction d'une manŇďuvre tendue. Un b√Ętiment vient √† l'appel de son c√Ęble lorsque le vent ou la mar√©e l'oblige √† se ranger dans une ligne droite avec cette amarre. (...) L'effort d'un poids appliqu√© au bout d'un cordage quelconque, est toujours √† l'appel de ce cordage, parce qu'il suit la m√™me ligne.`` (WILL. 1831)¬†:
‚ÄĘ 24. Le bout des c√Ębles fut roidi √† bord √† l'appel des m√Ęts, qui avoient √©t√© consolid√©s, autant qu'il √©toit possible, par des aiguilles, des pataras, etc.; ...
L. DE FREYCINET, Voyage autour du monde à bord des corvettes l'Uranie et la Physicienne, 1826, pp. 40-41.
♦ MUS. ,,Affinité des sons. Tendance naturelle de certains sons à se porter, à se résoudre, à s'appuyer sur d'autres sons qui semblent exercer sur eux, un appel attractif.`` (ROUGNON 1935).
♦ TECHNOL. Appel d'air. Synon. aspiration d'air :
‚ÄĘ 25. Paganel, afin de d√©terminer le tirage, se pla√ßa au-dessus du foyer, ses deux longues jambes √©cart√©es, √† la mani√®re arabe; puis, se baissant et se relevant par un mouvement rapide, il fit au moyen de son poncho un violent appel d'air. Le bois s'enflamma, et bient√īt une belle flamme ronflante s'√©leva du brasero improvis√©.
VERNE, Les Enfants du capitaine Grant, t. 1, 1868, p. 220.
‚ÄĒ [Moy. d'attirer l'attention] IMPR. Appel de note. ,,Chiffre ou signe typographique figurant apr√®s un mot et renvoyant √† une note portant la m√™me r√©f√©rence.`` (VOYENNE 1967)¬†:
‚ÄĘ 26. Les notes (...) sont pr√©c√©d√©es de num√©ros d'ordre, lettres ou signes, ayant leur analogue correspondant dans le texte, o√Ļ ces chiffres, lettres, signes, prennent le nom d'appels de notes.
E. LECLERC, Nouv. manuel complet de typogr., 1932, p. 222.
C.‚ÄĒ [Avec souvent un compl. pr√©p. indiquant la nature de l'action] Action d'inviter √† agir.
1. RELIG. Action par laquelle Dieu invite à la conversion :
‚ÄĘ 27. La saintet√©! s'√©cria le vieux pr√™tre d'une voix profonde, en pronon√ßant ce mot devant vous, pour vous seul, je sais le mal que je vous fais! Vous n'ignorez pas ce qu'elle est¬†: une vocation, un appel. L√† o√Ļ Dieu vous attend, il vous faudra monter, monter ou vous perdre. N'attendez aucun secours humain.
BERNANOS, Sous le soleil de Satan, 1926, p. 134.
2. Emplois techn. Invitation à agir; texte de cette invitation.
a) ADMIN. Appel d'offres. Invitation à présenter des offres de travaux. ,,En matière de marché public, mode de détermination de l'entrepreneur qui sera chargé d'exécuter un travail ou une prestation de service. (...) [Il] (...) permet de sélectionner les candidats d'après le prix proposé, la valeur technique, les garanties professionnelles.`` (LEMEUNIER 1969).
b) FIN., COMM. Appel de fonds. Invitation √† verser une certaine somme. ,,Pour qu'une soci√©t√© par actions soit valablement constitu√©e, il faut que toutes les actions √©mises soient souscrites, mais elles peuvent n'√™tre que partiellement lib√©r√©es, d'un quart ou de la moiti√© par exemple. Lorsque la soci√©t√© √©mettrice a besoin de fonds, elle demande aux actionnaires d'effectuer un versement compl√©mentaire; la soci√©t√© fait alors un ¬ę appel de fonds¬†¬Ľ.`` (Banque 1963). Faire un appel de fonds¬†:
‚ÄĘ 28. Depuis les journaux de Janvier, nous sommes tomb√©s d'accord qu'il fallait proc√©der dans le d√©veloppement de la maison d'une fa√ßon graduelle et prudente, je veux dire t√Ęcher de ne recourir √† l'important appel de fonds qui la mettra sur son pied futur qu'alors que nous aurons des r√©sultats solides et s√©rieux √† pr√©senter qui puissent m√©riter encouragement et donner confiance.
DU BOS, Journal, 1926, p. 54.
c) POL. Appel aux armes. Invitation à prendre les armes (pour la guerre, l'insurrection) :
‚ÄĘ 29. √Čcout√© √† la T.S.F. le discours de Hitler √† Nuremberg. L'appel aux armes permet une facile √©loquence et l'on entra√ģne les hommes au combat et l'on chauffe leurs passions plus ais√©ment qu'on ne les temp√®re, ne les invite aux travaux patients de la paix.
GIDE, Journal, 1938, p. 1319.
3. SP. Derniers moments avant l'action.
a) En escrime. Battement du pied sur place, signal d'attaque.
b) Dans les sauts avec élan. Dernier appui du pied sur le sol, immédiatement (av. le saut lui-même) après l'élan :
‚ÄĘ 30. Le second principe consiste √† prendre un bon appel et √† faire une bonne chute.
A.-O. GRUBB, French sports neologisms, 1937, p. 15.
c) Dans la pratique du ski ,,√Član pratiqu√© en sens inverse du c√īt√© o√Ļ l'on veut tourner (...). Il y a deux sortes d'appel, l'un qui consiste √† pr√©parer un all√®gement, l'autre qui consiste √† pr√©parer une impulsion.`` (GAUTRAT Ski 1969).
4. Lang. cour. Faire appel à qqn ou à qqc. En vue d'une action.
a) [Le compl. est un animé ou en rapp. avec l'animé]
‚ÄĒ [Une pers.] Demander l'aide de quelqu'un¬†:
‚ÄĘ 31. Ici encore l'arbitrage va s'imposer; il faudra faire appel aux hommes ayant une grande exp√©rience de la vie, pour savoir quels sacrifices doivent √™tre consentis par les riches en faveur des pauvres clients de l'√©glise.
SOREL, Réflexions sur la violence, 1908, p. 314.
‚ÄĒ [Attributs, fac. de l'homme] Faire appel (aux) √† ses souvenirs¬†:
‚ÄĘ 32. Les plus sages m'ont dit¬†: ¬ę (...) utilisez les connaissances que vous avez forc√©ment acquises; faites appel √† votre m√©moire, coordonnez vos notes et imposez-vous cette t√Ęche d'√©crire vos voyages.¬†¬Ľ
DU CAMP, Mémoires d'un suicidé, 1853, p. 213.
b) [Le compl. est inanimé ou abstr.] Se servir de quelque chose.
‚ÄĒ [Chose concr.]¬†:
‚ÄĘ 33. Une autre solution consiste √† faire appel √† un dispositif m√©canique bas√© sur le changement d'amplification de la timonerie suivant que l'on veut freiner la tare seule ou la tare et la charge.
M. BAILLEUL, Notions de matériel roulant des ch. de fer, 1951, p. 140.
‚ÄĒ [Domaine abstr.]¬†:
‚ÄĘ 34. ... dans l'effort de Beethoven pour √©largir la coupe de sa pens√©e musicale, pour combler les vides et amortir les martellements de ses c√©sures, il se trouva amen√© √† faire appel au style fugu√©. Tout bon musicien d'Europe, √©tant polyphoniste, est tenu d'en faire autant¬†: ...
ROLLAND, Beethoven, t. 1, 1928, p. 284.
SYNT. (Faire) appel au cŇďur, √† la collaboration, √† la conscience, √† des consid√©rations, au courage, au cr√©dit, au d√©sir, √† l'√©nergie, √† l'exp√©rience, √† la g√©n√©rosit√©, au patriotisme, √† la piti√©, √† la raison, √† la solidarit√©; adresser, attendre, entendre l'appel; appel constant, d√©chirant, d√©sesp√©r√©, direct, discret, g√©n√©ral, imp√©rieux, irr√©sistible, lointain; gestes d'appel.
D.‚ÄĒ DR. Appel (d'un jugement). Action d'appeler de, d'en appeler √† (cf. appeler I D).
1. DR. ,,Recours à un tribunal supérieur contre une décision rendue par un tribunal ou un juge inférieur.`` (Nouv. rép. de dr., Paris, Dalloz, t. 1, 1962, § 1). Faire appel :
‚ÄĘ 35. 291. L'appel du jugement qui aurait d√©clar√© ne pas y avoir lieu √† admettre le divorce, ne sera recevable qu'autant qu'il sera interjet√© par les deux parties, et n√©anmoins par actes s√©par√©s, dans les dix jours au plus t√īt, et au plus tard dans les vingt jours de la date du jugement de premi√®re instance.
Code civil, 1804, p. 55.
‚ÄĒ Au fig.¬†:
‚ÄĘ 36. Dans le foyer il [le p√®re] repr√©sente l'autorit√© d'appel au-dessus de la m√®re.
M. CHOISY, Qu'est-ce que la psychanal.? 1950, p. 66.
♦ Sans appel. Définitif, sans possibilité de recours :
‚ÄĘ 37. Jamais, jusqu'√† pr√©sent, je n'avais aim√© sans garder dans ma pens√©e une issue vers une vie diff√©rente. Je pouvais tout en aimant, et m√™me il me semblait que je devais imaginer la fin de cet amour, me concevoir sans lui comme pour √©chapper √† ce qu'une passion sans appel apporte avec elle de mortel. Depuis que j'aime cette femme je ne peux pas √©voquer un temps o√Ļ elle ne serait pas pr√®s de moi et, comme si je l'installais peu √† peu √† la place de la vie, je m'abstiens de r√™ver, je m'enferme dans le sentiment de l'heure qui dure pour nous rapprocher.
J. BOUSQUET, Traduit du silence, 1935-36, p. 215.
♦ Appel principal. ,,En matière civile, appel de la partie qui saisit la première la juridiction supérieure; en matière pénale, appel de toute partie.`` (CAP. 1936).
Rem. Attesté ds Ac. Compl. 1842, BESCH. 1845, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill., Lar. encyclop., ROB., QUILLET 1965.
♦ Appel incident. ,,(Pr. Civ.). Appel formé, en réponse à l'appel principal, par l'intimé, c'est-à-dire par le défendeur à cet appel. (...). (Pr. Pén.). Appel qui, à la suite d'un premier appel interjeté par une partie dans le délai ordinaire d'appel, est ouvert aux autres parties ayant qualité pour interjeter appel...`` (CAP. 1936).
Rem. Attesté ds Ac. Compl. 1842, BESCH. 1845, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill., Lar. encyclop., ROB., QUILLET 1965.
♦ Appel a minima. ,,Appel du ministère public en matière pénale, ayant pour but de faire élever la peine.`` (CAP. 1936) :
‚ÄĘ 38. Celui-ci [le Conseil de guerre] m'infligeait, d'abord, un mois de prison. Puis, sur appel a minima exig√© par le ¬ę ministre¬†¬Ľ Weygand, me condamnait √† la peine de mort.
DE GAULLE, Mémoires de guerre, L'Appel, 1954, p. 71.
♦ Appel a maxima. ,,Appel du ministère public en matière pénale, ayant pour but de faire diminuer la peine.`` (CAP. 1936).
♦ Cour d'appel. Juridiction du deuxième degré qui juge une cause déjà jugée en premier ressort :
‚ÄĘ 39. Les cours d'appel (au nombre de 27 et dont les r√īles sont tr√®s in√©galement charg√©s) r√©pondent au principe de proc√©dure du double degr√© de juridiction. Des chambres sp√©cialis√©es connaissent des appels civils. En mati√®re p√©nale une chambre des appels correctionnels conna√ģt des appels des d√©cisions rendues par les tribunaux de premi√®re instance et les tribunaux d'instance; la chambre d'accusation est d'une part un organisme de contr√īle, sur demande du Parquet ou des parties, des d√©cisions prises par le juge d'instruction; d'autre part elle intervient obligatoirement dans l'instruction des crimes.
G. BELORGEY, Le Gouvernement et l'admin. de la France, 1967, p. 45.
2. DR. CANON. ,,Acte par lequel un fid√®le ou un clerc, se croyant l√©s√© dans ses droits par un sup√©rieur ou un juge eccl√©siastique, demande justice contre lui √† un sup√©rieur ou √† un juge plus √©lev√©.`` (GU√ČRIN 1892)¬†:
‚ÄĘ 40. Interdiction lui √©tait faite du m√™me coup de dire la messe √† l'√©cole Saint-Stanislas, d'y pr√™cher, d'y confesser, d'y habiter, d'y manger. L'abb√© Lejeune fit appel de cette sentence au tribunal m√©tropolitain de Lyon. Le cardinal primat des Gaules l'exhortant √† l'ob√©issance, il maintint son appel et fut alors invit√© √† le porter devant le pape, juge des √©v√™ques.
BILLY, Intro√Įbo, 1939, p. 87.
3. DR. ANC.
‚ô¶ Appel de faux jugement ou ¬ę faussement de jugement¬†¬Ľ. ,,Voie de recours par laquelle, dans la proc√©dure f√©odale, le plaideur prenait √† partie son juge en le pr√©tendant faux et menteur et le provoquait en duel judiciaire devant le suzerain pour tenter en y triomphant de faire tomber le jugement rendu contre lui.`` (LEP. 1948).
‚ô¶ Appel comme d'abus. ,,[C'] √©tait la plainte port√©e devant une cour souveraine contre un juge eccl√©siastique lorsqu'on l'accusait d'avoir exc√©d√© ses pouvoirs ou entrepris de quelque mani√®re que ce f√Ľt contre la juridiction s√©culi√®re ou en g√©n√©ral contre les libert√©s de l'√©glise gallicane.`` (M. MARION, Dict. des institutions de la France aux XVIIe et XVIIIe s., Paris, Picard, 1968, [1923])¬†:
‚ÄĘ 41. Cette premi√®re r√©clamation du droit civil contre le droit canonique produisit dans la suite l'appel comme d'abus, sauvegarde de la justice...
CHATEAUBRIAND, Mélanges pol., 1816-24, p. 192.
E.‚ÄĒ HISTOIRE
♦ Appel au peuple. ,,Droit dont jouissait tout citoyen romain de faire juger une cause criminelle par le peuple en dernier ressort. Ce droit a été rétabli pendant la Révolution française : ceux qui voulaient sauver Louis XVI votèrent presque tous pour l'appel au peuple.`` (BOUILLET 1859) :
‚ÄĘ 42. ¬ę Le proc√®s du roi avait √©t√© une autre pomme de discorde. Les deux partis sembl√®rent marcher d'accord, et vot√®rent, il est vrai, pour la mort; mais la plus grande partie des Girondins vota aussi pour l'appel au peuple; et ici il est difficile de comprendre la raison de la conduite de ce parti dans cette circonstance. S'il voulait sauver le roi, il en √©tait le ma√ģtre; il n'avait qu'√† voter pour la d√©portation, l'exil ou l'ajournement; mais le condamner √† mort, et faire d√©pendre son sort d'une volont√© populaire, √©tait le comble de l'incons√©quence et de l'impolitique¬†: ...¬†¬Ľ
LAS CASES, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 1, 1823, p. 772.
‚ÄĒ Sp√©c. Nom du parti favorable au r√©tablissement de l'Empire et de la proclamation du prince Louis Napol√©on demandant l'√©largissement de la Constitution¬†:
‚ÄĘ 43. Dans la nuit du 1er au 2 d√©cembre 1851, il [le Prince-Pr√©sident] r√©ussit un coup d'√©tat. Il lan√ßa un appel au peuple et soumit √† un pl√©biscite les ¬ę bases¬†¬Ľ d'un projet constitutionnel. Ce pl√©biscite, par 7 400 000 oui et 640 000 non, lui fut favorable. C'est sur ces bases qu'il promulgua la Constitution de 1852 qui devait rapidement le conduire √† l'Empire.
G. VEDEL, Manuel élémentaire de dr. constitutionnel, 1949, p. 81.
‚ÄĒ P. ext. et fam. Appel adress√© √† un groupe d'amis ou de connaissances pour lui demander un avis ou une aide volontaire.
PRONONC. ET ORTH. ‚ÄĒ 1. Forme phon.¬†:[]. Enq.¬†:/apel/. 2. Homon.¬†: (j')appelle. 3. Forme graph. ‚ÄĒ F√ČR. Crit. t. 1 1787 indique une var. apel.
√ČTYMOL. ET HIST. ‚ÄĒ 1. Fin XIe s.-d√©but XIIe s. dr. ¬ę recours √† un juge sup√©rieur¬†¬Ľ (Lois G. le Conqu√©rant, 25 ds GDF. Compl.¬†: Il volge doner wage e trover plege a persuir soun apel); 2. a) ca 1172-75 ¬ę action d'appeler qqn de la voix, d'un signe, pour le faire venir¬†¬Ľ (CHR. DE TROYES, Chevalier charrette, √©d. M. Roques, 2351¬†: mes il voit bien a son apel Et a la pierre de l'anel Qu'il n'i a point d'anchantemant); b) fin XIIe s. p. ext. ¬ę action d'appeler par un signal des hommes √† s'assembler, √† se rassembler¬†¬Ľ (Perceval, I, 329 ds GDF. Compl.); c) av. 1266 appeau ¬ę provocation, appel en duel¬†¬Ľ (Assises J√©rusalem, ch. XCIV, ibid.), qualifi√© de ,,vieilli`` ds DG; d) XIIIe s. v√©n. ¬ę mani√®re de sonner du cor pour appeler les chiens (√† la chasse)¬†¬Ľ (La Chace dou cerf ds Nouv. Recueil Fabliaux, √©d. A. Jubinal, I, 162); e) 1690 ¬ę action d'appeler √† haute voix des personnes par leur nom afin de s'assurer de leur pr√©sence¬†¬Ľ (FUR.).
Déverbal de appeler.
STAT. ‚ÄĒ Fr√©q. abs. litt√©r.¬†:4 007. Fr√©q. rel. litt√©r.¬†: XIXe s.¬†: a) 1 669, b) 4 120; XXe s.¬†: a) 6 658, b) 9 406.
BBG. ‚ÄĒ AMSLER 1971. ‚ÄĒ Arch√©ol. chr√©t. 1924. ‚ÄĒ BACH.-DEZ. 1882. ‚ÄĒ Banque 1963. ‚ÄĒ BARBER 1969. ‚ÄĒ BARR. 1967. ‚ÄĒ BAUDHUIN 1968. ‚ÄĒ BAUDR. Chasses 1834. ‚ÄĒ Bible 1912. ‚ÄĒ BLANCHE 1857. ‚ÄĒ BOUD.-FRABOT 1970. ‚ÄĒ BOUILLET 1859. ‚ÄĒ BRUANT 1901. ‚ÄĒ Canada 1930. ‚ÄĒ CAP. 1936. ‚ÄĒ CHABAT 1881. ‚ÄĒ CHESN. 1857. ‚ÄĒ Comm. t. 1 1837. ‚ÄĒ COMTE-PERN. 1963. ‚ÄĒ DUB. Pol. 1962, p. 109, 130. ‚ÄĒ √Čd. 1913. ‚ÄĒ √Člectron. 1959. ‚ÄĒ ESN. 1966. ‚ÄĒ ESN. Poilu 1919. ‚ÄĒ Foi t. 1 1968. ‚ÄĒ FREY 1925, p. 58, 66. ‚ÄĒ GALL. 1955, p. 5. ‚ÄĒ GAUTRAT 1970. ‚ÄĒ GAUTRAT SKI 1969. ‚ÄĒ GIRAUD 1956. ‚ÄĒ GITEAU 1970. ‚ÄĒ GOUG. Lang. pop. 1929, p. 89. ‚ÄĒ GRUSS. 1952. ‚ÄĒ GUILH. 1969. ‚ÄĒ JAL 1848. ‚ÄĒ LACR. 1963. ‚ÄĒ LAL. 1968. ‚ÄĒ LAMB. 1970. ‚ÄĒ LAVEDAN 1964. ‚ÄĒ LEMEUNIER 1969. ‚ÄĒ LEP. 1948. ‚ÄĒ LHOSTE-P√ąPE 1964. ‚ÄĒ NO√čL. 1968. ‚ÄĒ PLAIS. 1969. ‚ÄĒ Pol. 1868. ‚ÄĒ PR√ČV. 1755. ‚ÄĒ R√ČAU-ROND. 1951. ‚ÄĒ R√ČAU-ROND. Suppl. 1962. ‚ÄĒ SANDRY-CARR. 1963. ‚ÄĒ SANDRY-CARR. Th. 1963. ‚ÄĒ SO√Č-DUP. 1906. ‚ÄĒ SPR. 1967. ‚ÄĒ ST-EDME t. 1 1824. ‚ÄĒ SUAVET 1963. ‚ÄĒ TEZ. 1968. ‚ÄĒ TONDR.-VILL. 1968. ‚ÄĒ VACHEK 1960. ‚ÄĒ VOYENNE 1967. ‚ÄĒ WILL. 1831.

appel [apɛl] n. m.
√ČTYM. V.¬†1100 ¬ę recours ¬Ľ; sens I.,¬†1., v.¬†1172, Chr√©tien de Troyes; de appeler.
‚ĚĖ
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
I
1 Action d'appeler de la voix (par des sons articul√©s ou non articul√©s) pour faire venir (qqn, un animal) √† soi ou pour manifester sa pr√©sence. || L'appel de qqn. || Crions plus fort, ils n'ont pas entendu notre appel. ‚áí Cri, interjection. || Appel √† l'aide, au secours. || Entendre un appel. || R√©pondre, accourir √† un appel. || Les appels du berger. ‚áí Appeau (1.). ‚ÄĒ Des appels d'animaux.
1 (…) des sifflements, des cris, des appels.
Maupassant (→ Aigu, cit. 4).
2 (…) des appels au secours : Au secours, à l'aide; des cris d'alarme : Au feu ! À moi ! Aux armes !
Brunot, la Pensée et la Langue, p. 569.
3 (…) chacun de ses appels m'arrachait un gémissement.
Colette, la Paix chez les bêtes, p. 12.
4 Le soir était tout vibrant d'appels de bergers, d'abois de chiens, de rires.
F.¬†Mauriac, l'Enfant charg√© de cha√ģnes, p.¬†226.
5 (…) le Dr Thérivier est arrivé et se tient prêt à venir au moindre appel.
Martin du Gard, les Thibault, VI, 1.
5.1 (…) la forêt s'est emplie de bruits étranges, inquiétants, cris et chants d'oiseaux, appels d'animaux inconnus, froissements de feuillage.
Gide, Voyage au Congo, in Souvenirs, Pl., p. 733.
♦ Action d'appeler par un bruit. || Appel de la langue : claquement de la langue pour appeler ou animer un chien, un cheval. ⇒ aussi Sifflet.
♦ (En parlant d'un appel concret, mais avec certaines valeurs métaphoriques; → ci-dessous, 9.). || Le chant du muezzin (cit. 1 et 2), appel séculaire.
‚ô¶ Action d'appeler au moyen d'un instrument. ‚áí Cloche, corne (d'appel), sifflet, sonnette, trompe. ‚ÄĒ Appel t√©l√©phonique¬†: action d'appeler qqn au t√©l√©phone; fait d'√™tre appel√© au t√©l√©phone. ‚áí T√©l√©phone (coup de t√©l√©phone). || Num√©ro d'appel. || Appel en P. C. V., appel avec pr√©avis. || Donner suite √† un appel¬†: √©tablir la communication. || Mon dernier appel est rest√© sans r√©ponse. || Recevoir un appel de Paris. || J'ai eu dix appels dans la matin√©e; mon r√©pondeur a enregistr√© trois messages. ‚ÄĒ Appel radio. || Lancer, recevoir un appel radio.
5.2 Oui mon commandant (…) Je vais immédiatement lancer un appel radio, au Q. G.
Régis Debray, l'Indésirable, p. 309.
‚ô¶ Mus. Sonneries ex√©cut√©es par les trompes au cours d'une chasse pour faire avancer un relais ou appeler les veneurs. || Appel simple; appel forc√©. ‚ÄĒ Par anal. Sonnerie du cor analogue aux appels de chasse dans une composition musicale.
2 Action d'appeler l'attention sur soi par un signe. ‚áí Signe. || Faire de grands gestes d'appel. || Appel du regard. ‚áí Ňíillade. ‚ÄĒ ‚ėĎ Loc. fig. Appel du pied. ‚áí Pied.
3 Par ext. Signe ou action destiné(e) à attirer l'attention (dans des emplois spéciaux). || Appel de phares : le fait de passer d'un éclairage à un éclairage plus puissant pendant un temps bref, à l'aide des phares.
♦ (1990). Comm. || Produit d'appel : produit vendu avec une faible marge bénéficiaire et destiné à attirer la clientèle. || Prix d'appel, pratiqué sur les produits d'appel.
♦ Imprim. || Appel de note : chiffre ou signe placé après un mot et qui renvoie le lecteur à une note placée en bas de page, fin de chapitre ou fin de volume.
‚ô¶ Escr. Battement de pied, signal d'attaque. || Appel et contre-appel.
‚ô¶ Jeux (√† la belote, au bridge). || Faire un appel (√† cŇďur, √† pique‚Ķ)¬†: jouer sp√©cialement une couleur pour faire comprendre √† son partenaire qu'il devra jouer la m√™me au tour suivant.
♦ Fig. Inform. Demande d'informations; extraction d'informations (de la mémoire d'un ordinateur).
4 Action d'appeler par un signal des hommes à s'assembler, à se rassembler. || L'appel à la prière.
6 Nous étions au haut de la mosquée quand le muezzin est monté chanter l'appel à la prière.
Gide, Journal, 9 avr. 1896.
♦ Signal donné par le clairon ou le tambour (sonnerie, batterie) pour assembler les soldats. || Battre, sonner l'appel. ⇒ Sonnerie, batterie.
5 (1690). Opération par laquelle on vérifie la présence de personnes en les nommant à haute voix. || Appel nominal (cit. 1). || Faire l'appel. || Être présent, répondre à l'appel. || Appel et contre-appel, des soldats. || Vote par appel nominal, des membres d'une assemblée.
6.1 C'est un point de discipline, mieux observ√© parmi les gens de guerre qu'il ne l'√©tait parmi les eccl√©siastiques des chapitres. Il y avait quelques chapitres seulement, o√Ļ l'on faisait l'Appel des Chanoines, √† certains jours de f√™te, et l'absent en √©tait quitte pour √™tre point√©, ce qui entra√ģnait la privation d'une petite partie de leur revenu; encore savait-on r√©cup√©rer cette somme avec un peu d'intrigue. Les militaires sont plus s√©v√®res; celui qui manque √† l'Appel n'en est pas quitte √† si bon march√©.
Cousin-Jacques, Dict. des néologismes, 1800, in D. D. L., II, 11.
6.2 Ils sont là, devant la mairie, en troupeau, répondant à l'appel et attendant une distribution de manioc (…)
Gide, Voyage au Congo, in Souvenirs, Pl., p. 695.
♦ Dr. || Appel des causes à l'audience : annonce, par l'huissier audiencier, des causes devant être plaidées.
‚ô¶ Fig. || √ätre absent, faillir √† l'appel¬†: ne pas √™tre l√†. ‚ÄĒ ‚ėĎ Loc. Manquer √† l'appel (m√™me sens). ‚ÄĒ Par euph√©misme. (Personnes). √ätre mort.
7 Le banquier convoqua les cr√©anciers en l'√©tude du notaire, o√Ļ √©taient d√©pos√©s les titres, et chez lequel pas un ne faillit √† l'appel.
Balzac, Eugénie Grandet, éd. 1838, p. 371.
6 (1835). Convocation, invitation. ‚ÄĒ Milit. Action d'appeler sous les drapeaux. ‚ÄĒ Vx. || Appel aux conscrits.
‚ô¶ Mod. || Appel du contingent, de la classe. ‚áí Incorporation, recensement, recrutement, r√©vision. || Devancer l'appel¬†: s'engager dans l'arm√©e avant l'√Ęge l√©gal de l'appel (18¬†ans). || Appel aux armes. ‚áí Mobilisation, lev√©e (en masse).
♦ Le ban, appel du seigneur féodal à ses vassaux.
♦ Vx. Provocation en duel. || Faire un appel. ⇒ Cartel, défi, provocation, sommation.
8 J'ai poussé Clarimond à lui faire un appel (…)
Corneille, la Suivante, V, 1.
7 Le fait de requérir qqch.; acte par lequel on requiert (emplois spéciaux).
♦ Appel de fonds. || Faire un appel de fonds (⇒ Appeler, I., 6., b.) : demander un nouveau versement de fonds à des actionnaires, des associés, des souscripteurs.
♦ Dr. || Appel d'offres : mode de conclusion de marchés publics (travaux, fournitures). || Avis d'appel d'offres : publicité destinée à contacter les candidats à la réalisation d'un projet. || Appel d'offres d'une nation étrangère dans un grand quotidien. || Appel d'offres avec concours, permettant au candidat de proposer une variante au projet de l'Administration.
8 Discours ou écrit dans lequel on s'adresse au public pour l'exhorter. ⇒ Exhortation, proclamation. || Appel à l'insurrection, à la révolte, à la désobéissance. ⇒ Excitation, invitation.
9 Dans ses appels à la liberté (de Schiller), il y a plus de rhétorique exaltée que de vertu révolutionnaire.
Jaurès, Hist. socialiste…, t. V, p. 103.
♦ Hist. || Appel du 18 juin 1940 : appel du général de Gaulle aux Français.
‚ô¶ ‚ėĎ Loc. Appel au peuple¬†: droit du citoyen romain de faire juger une affaire criminelle le concernant par le peuple lui-m√™me, en dernier ressort (‚Üí ci-dessous, II.). ‚ÄĒ Appel que tent√®rent de faire aboutir les fid√®les de Louis¬†XVI (‚áí Appelant, II.,¬†2.). ‚ÄĒ Sp√©cialt. Proclamation de Louis-Napol√©on Bonaparte demandant au peuple un √©largissement de ses pouvoirs et le droit d'√©tablir une nouvelle Constitution. ‚ÄĒ Fig. et fam. Demande d'argent.
‚ô¶ Faire appel √†¬†: demander, requ√©rir comme une aide. || Faire appel √† qqn, √† la g√©n√©rosit√© de qqn. ‚áí Demande, recours, sollicitation. ‚ÄĒ Faire appel √† ses souvenirs, les √©voquer, faire effort pour les rappeler √† sa m√©moire. ‚áí √Čvocation, rappel. ‚ÄĒ Faire appel √† toutes ses forces, les r√©unir pour quelque effort extraordinaire (‚áí Ramasser).
10 Puis, faisant appel à tout mon courage, j'entrai dans notre chambre d'un air délibéré.
Alphonse Daudet, le Petit Chose, p. 373.
11 (…) elle faisait appel à sa dignité pour conserver son sang-froid.
Martin du Gard, les Thibault, III, 7.
12 Ce qui le d√©pitait plut√īt, c'est qu'√Čdouard ne fit point appel √† certains dons qu'il sentait en lui et qu'il ne retrouvait pas dans √Čdouard.
Gide, les Faux-monnayeurs, II, 3.
9 Par m√©taphore ou fig. (Choses). || L'appel du plaisir, l'appel des sens. ‚áí Impulsion, incitation, invitation, sollicitation; attirance, excitation, fascination, provocation. ‚ÄĒ L'appel de la religion, des lettres‚Ķ ‚áí Vocation, aspiration. || L'appel de la conscience. ‚áí Cri, voix. || L'appel du large¬†: le d√©sir de partir en mer. || L'appel de la for√™t, du d√©sert. || R√©pondre √† l'appel de l'aventure.
13 Rappelle-toi, lorsque la nuit pensive
Passe en rêvant sous son voile argenté;
À l'appel du plaisir lorsque ton sein palpite,
Aux doux songes du soir lorsque l'ombre t'invite (…)
A. de Musset, Rappelle-toi.
14 (…) c'est du présent que part l'appel auquel le souvenir répond, et c'est aux éléments sensori-moteurs de l'action présente que le souvenir emprunte la chaleur qui donne la vie.
H. Bergson, Matière et Mémoire, p. 170.
15 C'est que cette femme n'a fait que susciter par des sortes d'appels magiques mille éléments de tendresse existant en nous à l'état fragmentaire et qu'elle a assemblés (…)
A.¬†Maurois, √Čtudes litt√©raires, Proust, t.¬†I,¬†p.¬†133.
16 Les adolescents, eux, sont écartelés entre l'appel de la chair et la terreur du péché.
A.¬†Maurois, √Čtudes litt√©raires, Mauriac, t.¬†II,¬†p.¬†27.
17 Toute vocation est un appel ‚ÄĒ vocatus ‚ÄĒ et tout appel veut √™tre transmis.
Bernanos, les Grands Cimetières sous la lune, p. 111.
17.1 Mais au bout d'un mois, il lui fallut convenir que ces troubles répétés, qu'il appelait avec une ironie défensive l'appel du mystère ne semblaient pas devoir céder avec le temps.
M. Aymé, Maison basse, p. 53.
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II (V.¬†1100, apel, apiau). Dr. Recours √† une juridiction sup√©rieure en vue d'obtenir la r√©formation d'un jugement. ‚áí Appellation, recours; intimation. || Faire appel d'un jugement de premi√®re instance, interjeter appel, se pourvoir en appel. ‚áí Pourvoi. || Demandeur en appel. ‚áí Appelant. || D√©fendeur en appel. ‚áí Intim√©. ‚ÄĒ Appel principal¬†: appel de la partie qui saisit la premi√®re la juridiction sup√©rieure. || Appel incident¬†: appel form√© par l'intim√© en r√©ponse √† l'appel principal. || Fol appel¬†: appel d√©clar√© irrecevable ou mal fond√© et qui vaut √† l'appelant une amende (amende de fol appel). || Appel a maxima¬†: appel du minist√®re public en vue d'obtenir une diminution de la peine, en mati√®re p√©nale. || Appel a minima, en vue d'obtenir une aggravation de la peine. ‚ÄĒ Appel comme d'abus. ‚áí Abus. ‚ÄĒ Cour d'appel. ‚áí Cour.
18 L'appel, tel qu'il est √©tabli par les lois romaines et par les lois canoniques, c'est-√†-dire √† un tribunal sup√©rieur pour faire r√©former le jugement d'un autre, √©tait inconnu en France (chez les Francs et au moyen √Ęge). L'appel chez cette nation, √©tait un d√©fi √† un combat par armes, qui devait se terminer par le sang; et non pas cette invitation √† une querelle de plume qu'on ne connut qu'apr√®s.
Montesquieu, l'Esprit des lois, XXVIII, 27 (→ Combat, cit. 10).
19 Le délai pour interjeter appel sera de deux mois (…)
Code de procédure civile, anc. art. 443.
20 Seront sujets à l'appel les jugements qualifiés en dernier ressort, lorsqu'ils auront été rendus par des juges qui ne pouvaient prononcer qu'en première instance.
Code de procédure civile, anc. art. 453.
21 L'acte d'appel contiendra assignation dans les délais de la loi, et sera signifié à personne ou domicile, à peine de nullité.
Code de procédure civile, anc. art. 456.
‚ô¶ ‚ėĎ Sans appel [s…ĎŐÉzap…õl]. || Juger sans appel, en premier et en dernier ressort. || Une d√©cision sans appel, sans possibilit√© de recours. ‚ÄĒ Fig. || Sans appel. ‚áí Irr√©m√©diablement.
22 Vous serez au contraire un juge sans appel (…)
Racine, les Plaideurs, 609.
23 (…) que le monde, jusqu'à nouvel ordre, est voué sans appel à la platitude, à la médiocrité (…)
Renan, Souvenirs d'enfance…, La petite Noémi.
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III (Mouvements : choses et personnes).
1 Direction (d'une manŇďuvre tendue). || Le navire vient √† l'appel de son ancre, de son c√Ęble¬†: il tourne de mani√®re √† se placer dans la direction de la cha√ģne.
24 En effet, on entendait distinctement le cliquetis du linguet qui frappait sur le guindeau, à mesure que virait l'équipage du brick. Le Speedy était d'abord venu à l'appel de son ancre; puis, quand elle eut été arrachée du fond, il commença à dériver vers la terre.
J. Verne, l'Île mystérieuse, t. II, p. 636 (1874).
2 ‚ėĎ (1857). Techn. Appel d'air¬†: tirage d'air qui facilite la combustion dans un foyer. ‚ÄĒ Fig. Ce qui attire, entra√ģne, aspire. ‚áí Aspiration.
25 La question d'ailleurs ne se pose pas de faire venir sur la scène et directement des idées métaphysiques, mais de créer des sortes de tentations, d'appels d'air autour de ces idées. Et l'humour avec son anarchie, la poésie avec son symbolisme et ses images, donnent comme une première notion des moyens de canaliser la tentation de ces idées.
A.¬†Artaud, le Th√©√Ętre et son double, Id√©es/Gallimard, p.¬†137 (1948).
3 (1901, in Petiot). Sports. D√©part du saut proprement dit, apr√®s la course d'√©lan, dans lequel le pied, frappant une derni√®re fois le sol, donne l'impulsion n√©cessaire au sauteur. || Pied d'appel, jambe d'appel. ‚ÄĒ Planche d'appel. || Bo√ģte d'appel des sauteurs √† la perche. ‚áí Butoir.
26 Courant en huit ou dix foulées, presque perpendiculairement à la barre, le sauteur (…) prend son appel à 1 m 20 environ de la barre par blocage et déroulement du pied (…)
Jean Dauven, Technique du sport, p. 19 (1948).
♦ Gymn. || Appel des pieds, pour exécuter un saut.
‚ô¶ Ski. Mouvement qui, par l'√©lan donn√©, en amorce un autre. || Appel en flexion. ‚ÄĒ Sp√©cialt. Amorce d'une rotation (du corps) dans le sens contraire √† celui du virage (J.¬†Dauven, Technique du sport, p.¬†118 [1948]).
27 L'ex√©cution correcte du Christiania pur d√©bute par une phase pr√©liminaire¬†: l'appel. Le skieur amorce son virage par une demi-rotation du buste vers l'aval. Alors commence la rotation proprement dite. Rapidement, le buste entra√ģn√© par les bras est ramen√© en sens inverse vers l'amont.
François Gazier, les Sports de la montagne, p. 87.
‚ô¶ √Čquit. || Battue d'appel.
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D√ČR. V. Appeau.
COMP. Préappel, rappel.
HOM. Formes du v. appeler.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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